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Santé mentale

ELLE EST LÀ !!!

Ce texte explore les douleurs, les peines, les souffrances qu'un être humain enfoui en lui. Il invite à ne pas voir la santé mentale comme une honte à cause du regard moqueur et indifférent de la société

AAkaama10 oct. 2026 · 5 min de lecture · 339 vues
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ELLE ÉTAIT LÀ

Quand la santé mentale crie dans le silence des hommes.

Elle était là.

Avant même qu'on apprenne à nommer nos douleurs, Avant qu'on sache sourire pour dissimuler nos peurs, Avant que le monde nous enseigne à paraître, Elle habitait nos pensées, nos rêves et nos êtres.

Elle était là dans le rire de l'enfant, Dans ses nuits sans sommeil, ses questions de géant. Dans le cœur de la mère qui pleure en préparant le repas, Dans le « je vais bien » de celui qui ne se supporte pas.

Elle était là… Mais qui donc se souciait d'elle ?

On l'a laissée dans l'ombre, on l'a privée de voix, On a fermé les yeux quand elle frappait chez soi. On l'a traitée de faiblesse, de caprice, de folie, Comme si souffrir en silence était le prix de la vie.

Nous avons appris à soigner les blessures qui saignent, Mais qui soigne les douleurs quand les sourires nous trompent ? Nous savons compter les larmes qui coulent sur les joues, Mais qui compte celles qui meurent à l'intérieur de nous ?

Elle était là.

Dans les chambres où l'on pleure sans faire de bruit, Dans les regards qui s'éteignent au milieu de la nuit. Dans les étudiants qui révisent avec le cœur en ruine, Dans ceux qui ont peur d'échouer et que la honte assassine.

Elle était là dans la pression d'être toujours meilleur, Dans les comparaisons qui dévorent la valeur, Dans les « regarde ton frère », les « sois à la hauteur », Dans ces mots qui semblent petits, mais qui grandissent les douleurs.

On leur a dit : « Sois fort ! » Sans leur apprendre à tomber. « Relève-toi ! » Sans leur demander ce qui les avait brisés. « Tu as tout pour sourire ! » Comme si l'on pouvait voir Toutes les guerres qu'un être humain peut livrer dans le noir.

Et moi, je demande : Pourquoi faut-il perdre la paix pour mériter le repos ? Pourquoi faut-il perdre pied pour qu'on nous tende le dos ? Pourquoi faut-il qu'un cœur se fracasse en mille morceaux Pour que le monde comprenne enfin qu'il souffrait de trop ?

Elle était là.

Mais nous, nous cherchions la folie, Pas la douleur qui la précède parfois. Nous cherchions le scandale, Pas les appels qu'on n'entend pas. Nous attendions des preuves, Des cris, des larmes, des dégâts, Comme si l'âme devait se briser Pour qu'on reconnaisse ses combats.

Et pourtant…

La santé mentale n'est pas une étrangère. Elle est la paix qu'on cherche quand le monde nous désespère. Elle est cette force fragile qui nous aide à tenir, Mais aussi cette part de nous qui peut souffrir.

Elle n'est pas réservée aux autres. Elle n'est pas l'histoire d'un inconnu dans la rue. Elle concerne nos mères, nos pères, nos sœurs, Nos amis, nos camarades, nos propres peurs.

Elle ne demande pas qu'on soit invincibles. Elle demande qu'on cesse de rendre la souffrance invisible.

Alors, parlons-en !

Brisons les murs bâtis par la honte, Les préjugés qui condamnent avant qu'on raconte. Apprenons à écouter sans juger ni sermonner, À tendre une main sincère sans vouloir tout expliquer.

Car parfois, sauver une journée, C'est simplement rester. C'est entendre un « ça ne va pas » Sans répondre « ça ira ». C'est laisser quelqu'un pleurer sans lui demander d'être fort, C'est lui rappeler que demander de l'aide n'est pas un tort.

Et si tu souffres en silence, toi qui lis ces lignes, Si tu caches tes tempêtes derrière des sourires qui brillent, Sache que tu n'es pas faible parce que tu as mal, Tu es humain, tout simplement, et ta douleur est valable.

Tu n'as pas à gagner le droit d'être écouté. Tu n'as pas à toucher le fond pour être aidé. Tu n'as pas à mourir à petit feu dans le secret Pour prouver au monde entier que tu n'en peux plus de lutter.

Ton silence n'est pas une preuve que tout va bien. Ton sourire n'est pas un certificat de bonheur. Et demander de l'aide n'est pas tendre la main à la faiblesse : C'est choisir de prendre soin de soi, c'est un acte de courage.

Alors, aujourd'hui, je veux lui rendre sa place. À cette présence qu'on oublie, à cette vérité qu'on efface. Je veux qu'on prononce son nom sans détourner les yeux, Qu'on en parle à l'école, à la maison, dans nos lieux.

Je veux que l'on comprenne avant qu'il ne soit trop tard Qu'on peut sauver une vie sans attendre un faire-part. Que derrière chaque silence, il y a peut-être un appel, Et que même les plus beaux sourires cachent parfois des querelles Que personne ne voit, Que personne ne devine, Mais qui, chaque jour, à l'intérieur, assassinent.

Elle était là.

Dans nos joies, dans nos peines, Dans nos victoires, dans nos chaînes. Dans chaque cœur qui espère, Dans chaque âme qui désespère.

Elle était là quand on riait. Elle était là quand on pleurait. Elle était là quand on avançait. Elle était là quand on s'effondrait.

Elle était là. Ce n'est pas elle qui était absente. C'est notre écoute qui manquait. Ce n'est pas elle qui était silencieuse. C'est notre société qui refusait d'entendre.

Elle était là.

La santé mentale.

Et si, demain, nous apprenions enfin à la regarder, À la protéger, à en parler, à ne plus la condamner ?

Peut-être qu'un jour, au lieu de dire : « Je ne savais pas qu'elle souffrait », Nous pourrons dire : « Je t'ai entendu. Je t'ai écouté. Je suis resté. »

Parce qu'au fond, la santé mentale ne réclame pas notre pitié.

Elle réclame notre humanité.

Akaama.

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