Elle n'est pas morte parce qu'elle a mal cuisiné. Elle est morte parce qu'elle est une fille et qu'il pensait avoir le droit de la corriger.
Elle n'est pas battue parce qu'elle est sortie sans permission. Elle est battue parce qu'on lui a appris qu'une fille doit se soumettre.
Dans nos quartiers, on trouve normal qu'un homme lève la main sur sa femme. On dit "c'est leur affaire de couple". On trouve normal qu'une jeune fille soit insultée, touchée de force dans un gbaka, et qu'elle doive se taire. On trouve normal qu'une fille soit mariée de force à 15 ans.
Non. Ce n'est pas normal. C'est de la violence basée sur le genre.
Le féminisme, ce n'est pas un gros mot venu d'ailleurs. C'est simplement dire : une fille a le droit de vivre.
Le droit de dire NON. Le droit de rentrer tard sans avoir peur de se faire violer. Le droit de refuser un mariage. Le droit de parler fort dans un bus sans qu'on lui dise "tu es impolie pour une fille".
Chaque jour, des femmes sont battues à mort dans leur propre maison. Pas par des inconnus. Par ceux qui disent les aimer. Parce qu'elles sont des filles, on pense que leur corps nous appartient. Que leur vie vaut moins.
Être féministe, ce n'est pas détester les hommes. C'est refuser d'être complice du silence. C'est avoir le courage de dire : "Si tu la touches, tu auras affaire à moi." C'est apprendre à nos petits frères que la force d'un homme ne se mesure pas au nombre de coups qu'il donne, mais au nombre de femmes qu'il protège.
On ne naît pas battue. On le devient parce que la société laisse faire.
Et ça doit s'arrêter.
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