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Société

On paie 200F pour aller à l'école,mais on risque de ne jamais y arriver.

À 6h du matin, on est 20 dans un gbaka de 14 places. Sans ceinture. Sans frein. On le sait, mais on monte quand même. Parce qu'on veut étudier. Jusqu'à quand étudier devra rimer avec risquer sa vie ?

MSMariam Sy30 oct. 2026 · 3 min de lecture · 105 vues
M

Mesdames et Messieurs, honorables leaders, distinguée communauté Young Speaker,

Recevez mes salutations.

Ce matin, j'ai vu un étudiant s'accrocher à la portière d'un gbaka. Une main sur son sac, l'autre sur le fer. S'il tombait, on allait dire "accident".

Moi, je dis "négligence".

Le transport des étudiants en Côte d'Ivoire n'est plus un problème de déplacement. C'est un problème de sécurité nationale.

*La réalité que personne ne veut dire :*

À Abidjan, à Bouaké, à Daloa, c'est la même scène. Le bus SOTRA arrive plein à craquer. Il ne s'arrête pas. L'étudiant n'a que deux options : rater le cours ou monter dans ce qui passe.

Il monte dans un gbaka aux pneus lisses. Il monte sur une moto sans casque où le conducteur a 16 ans. Il s'entasse dans un taxi communal où on est 6 à l'arrière.

200 francs. 300 francs. C'est le prix de notre sécurité.

Combien d'étudiants sont arrivés en retard, humiliés devant toute la classe, parce que le gbaka est tombé en panne ? Combien de filles ont été agressées, touchées, insultées dans un transport bondé où elles ne peuvent même pas bouger ? Combien ont eu un accident et n'en ont jamais parlé, parce que "c'est comme ça" ?

Nous avons normalisé l'inacceptable.

*On nous demande d'être l'avenir du pays, mais on nous transporte comme du bétail.*

Ce n'est pas la faute des chauffeurs seulement. C'est un système entier qui nous oublie.

Il n'y a pas assez de bus aux heures de pointe pour les étudiants. Il n'y a pas de lignes spéciales qui passent par les cités universitaires et les grandes écoles. Il n'y a pas de contrôle strict sur les motos-taxis qui transportent nos frères et sœurs.

Résultat : l'étudiant est fatigué avant même d'entrer en classe. Comment voulez-vous qu'il se concentre, qu'il retienne, qu'il réussisse ?

*Mes 3 propositions concrètes pour changer ça :*

*1. Un bus étudiant, pas un bus ordinaire.* Nous demandons des bus dédiés aux étudiants, avec un badge étudiant, à des horaires précis : 6h - 7h30 et 17h - 19h. Ça existe au Sénégal, au Maroc. Pourquoi pas ici ?

*2. Tolérance zéro sans casque, sans surcharge.* Un gbaka avec 5 personnes de plus, c'est une amende. Une moto avec 2 étudiants sans casque, c'est une amende. La vie d'un étudiant ne vaut pas une surcharge de 500 francs.

*3. Une plateforme de signalement U-Report pour le transport.* Sur U-Report, on signale déjà les VBG et les problèmes de santé. Pourquoi ne pas signaler les véhicules dangereux ? Une photo, une plaque, un lieu. Si nous signalons tous, les autorités verront où est le danger.

Je ne parle pas pour me plaindre. Je parle parce que j'ai peur.

Peur qu'un matin, ce soit mon petit frère qui ne rentre pas. Peur qu'une amie perde sa vie pour 200 francs.

Aller à l'école est un droit. Y arriver en vie devrait en être un aussi.

Si tu as déjà eu peur dans un gbaka, si tu t'es déjà senti en danger sur une moto, cet article est pour toi. Vote, commente, partage ton expérience.

Faisons du bruit pour qu'on nous entende. Parce que notre sécurité n'est pas négociable.

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